dimanche 24 novembre 2013

Je me sens profondément rien


 http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/2/9782070226702FS.gif

 Romain Gary, est-ce que vous vous sentez Gengis ou Cohn?

- Je vais vous dire quelque chose : en vérité je me sens vraiment, profondément, rien.




 Romain Gary en pièces de puzzle



 La danse de Gengis Cohn



pour le film* documentaire Romain Gary, le roman du double


Il faut parler du personnage de Gengis Cohn, d'abord il faut parler de son nom.

- Je veux parler de ce que je suis et qu'est-ce que je suis du point de vue analyse de mes antécédents? D'un côté une mère juive russe, d'un autre côté il y a un père russe asiatique. Qu'est-ce c'est les deux? Gengis, l'Asie et Cohn, le nom juif. Ça c'est d'abord en ce qui me concerne, moi et mes rapports avec le personnage; mais il y a plus. Gengis Cohn c'était le fouet de Dieu, c'était un sauvage, un barbare, un conquérant, un destructeur et un incendiaire. Et dans mon roman, l'arme de Gengis Cohn ce n'est pas l'épée mais c'est l'humour. L'humour agressif, violent, explosif, terroriste qui est extrêmement connu en Amérique, comme X (je n'ai pas compris le mot : Xous? Skule?) dans le cinéma, avec les frères Marx et qui n'a pas cours en France.

Romain Gary, interviewé sur La danse de Gengis Cohn.
(Retranscription audio littérale).

Selon Paul Audi, il n'y a pas de meilleur autoportrait de lui-même (Romain Gary) que le personnage de La Marne dans Les clowns lyriques :

"L'humour et la bouffonnerie n'ont jamais eu d'autre raison d'être que la volonté d'amortir les chocs, mais poussés au-delà du minimum vital nécessaire ils finissent par devenir une véritable danse sacrée d'écorchés vifs.
C'est ça Gary. Et cette danse se retrouve dans La danse de Gengis Cohn. C'est un roman extrêmement important parce qu'il marque une véritable rupture dans la vie de Gary. C'est cette rupture qui va donner naissance quelque temps après, à l'idée d'Emile Ajar. "

Source pour une réécoute : les NCC, Romain Gary versus Emile Ajar.

* A voir ici : Romain Gary, le roman du double (film documentaire complet).

Et quelques extraits d'une adaptation TV de Gengis Cohn pour la BBC.

Je fais ces découvertes en écrivant ce billet. Je n'ai pas encore visionné le documentaire; ce sera pour une prochaine belle soirée.

Romain Gary, qui se sentait "vraiment, profondément, rien" me passionne. Un rien fabuleux. Et je croyais avoir tout lu de lui, mais non, je jubile déjà... j'ai Les clowns lyriques sous le coude.

"J’appartiens donc à la tribu de ceux que Gorki appelait les "clowns lyriques faisant leur numéro de tolérance et de libéralisme dans l’arène du cirque capitaliste"."
Romain Gary, in La nuit sera calme.